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Les drones vont-ils révolutionner la lutte antidopage?

Ce drone a transporté des échantillons sanguins sur 1000 kilomètres.
Ce drone a transporté des échantillons sanguins sur 1000 kilomètres.image: ita

Cet engin veut révolutionner la lutte antidopage

Les drones sont-ils l’avenir de la lutte antidopage? Des essais sont menés pour déterminer si cette technologie peut répondre aux défis auxquels sont confrontées les agences.
25.10.2026, 11:5125.10.2026, 11:51
Rainer Sommerhalder / ch media

Imaginez un drone transportant des échantillons sanguins destinés aux contrôles antidopage voler au-dessus de votre tête. Dans quelques années, cela pourrait devenir une réalité en Suisse.

L’Agence internationale de contrôle (ITA), basée à Lausanne, a récemment transporté des échantillons sur une distance de 1000 kilomètres en Alaska, à l’aide d’un drone longue portée. Cet essai s’inscrivait dans le cadre d’une étude visant à déterminer si l’utilisation de tels appareils pour acheminer des échantillons sanguins depuis le lieu d’une compétition jusqu’au laboratoire antidopage peut constituer une alternative aux services de coursiers traditionnels.

Le drone de l'ITA au sol.
Le drone de l'ITA au sol.image: ita

Avec cet essai, l’Agence internationale de contrôle souhaitait vérifier si des échantillons sanguins pouvaient être transportés rapidement et en toute sécurité sur de longues distances, sans compromettre leur validité. Le directeur de l’ITA, Benjamin Cohen, affirme que «l’innovation est indispensable pour relever les défis pratiques de la lutte contre le dopage».

Lors des grandes manifestations sportives, les échantillons prélevés doivent être acheminés dans des délais très serrés vers l’un des 30 laboratoires accrédités par l’Agence mondiale antidopage (AMA). Dans les régions montagneuses et les zones reculées, leur transport peut représenter un défi logistique majeur.

Dans le cadre de l’essai mené en Alaska, les échantillons sanguins ont d’abord été analysés sur place, puis transportés par drone jusqu’au laboratoire. Des capteurs ont enregistré la température, l’humidité et d’autres paramètres tout au long du voyage. A leur arrivée, les échantillons ont été soumis à de nouvelles analyses afin de s’assurer qu’ils n’avaient pas été altérés.

Neil Robinson, chef du département scientifique et médical de l'ITA, charge le drone avec les échantillons.
Neil Robinson, chef du département scientifique et médical de l'ITA, charge le drone avec les échantillons.image: ita

La Suisse ouverte à une utilisation

Il faudra encore plusieurs années avant que cette technologie soit opérationnelle. Ernst König, directeur de l’agence nationale Swiss Sport Integrity (SSI), accueille favorablement ce projet, «car le transport des échantillons prélevés dans le cadre de la lutte antidopage représente bel et bien un défi logistique».

«Actuellement, par exemple, aucun laboratoire du continent africain n’est en mesure d’analyser des échantillons d’urine. Ceux-ci doivent donc être acheminés vers un autre continent, et leur intégrité doit être préservée tout au long du transport.»
Ernst König 

Pour Ernst König, le respect des exigences juridiques et techniques constitue une condition essentielle à toute utilisation de drones. Les échantillons doivent, par exemple, être maintenus au frais en permanence.

Le directeur de Swiss Sport Integrity estime que cette technologie pourrait également être utile en Suisse. Lors des compétitions de sports d’hiver en montagne, l’acheminement des échantillons jusqu’au laboratoire de Lausanne peut en effet représenter un défi logistique. De plus, lorsque les analyses doivent être réalisées dans un délai de 36 heures, comme aux Jeux olympiques, il est essentiel de transporter les échantillons le plus rapidement possible.

Ernst König rappelle que la Suisse est bien partie pour accueillir les JO d’hiver de 2038. Les drones pourraient alors être utilisés, «même si, à l’heure actuelle, de nombreuses questions restent en suspens».

Le vol du drone est suivi en temps réel.
Le vol du drone est suivi en temps réel.image: ita

L’échantillon de Flückiger aurait-il été valide?

Une question quelque peu provocatrice est aussi posée à Swiss Sport Integrity: le vététiste suisse Mathias Flückiger serait-il aujourd’hui suspendu si son échantillon prélevé lors des championnats de Suisse en Valais avait été acheminé par drone jusqu’au laboratoire de Lausanne? Ernst König refuse de se prononcer sur cette question.

Le Bernois a été blanchi en raison de lacunes avec son échantillon d’urine, qui s’était révélé positif au zéranol, une substance anabolisante interdite. L’élément déterminant dans le jugement a été la documentation incomplète de la chaîne de conservation des preuves, depuis le lieu de la compétition, à Verbier, jusqu’au laboratoire de Lausanne. Il n’a pas été possible d’établir précisément qui avait pris en charge l’échantillon, à quel moment, comment il avait été transporté et manipulé, ni comment sa sécurité avait été assurée à chaque étape.

Un vol direct en drone de Verbier à Lausanne aurait permis de simplifier le trajet et réduire les délais. Quant aux conditions dans lesquelles le contrôleur a conservé l’échantillon de Flückiger au réfrigérateur pendant la nuit, elles n’auraient peut-être pas suscité de débat juridique.

Parmelin dans tous ses états!
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Parmelin dans tous ses états!

Guy Parmelin porte une casquette portant l'inscription Switzerland great since 1291, le mercredi 29 juillet 2026 à Neudorf.

source: keystone / peter schneider
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